Souvenirs de la « communale »

Qui reconnaissez-vous sur ces photos de classe ? Avez-vous des photos de classe à publier ?

Quelques personnes natives de Phaffans ont travaillé fort et avec plaisir à ce sujet. Nous avons réussi à identifier la plupart des figurants, il reste quelques questionnements sur les photos les plus anciennes.

Par discrétion, je ne publie pas leurs noms. J'en ai fait un "tiré à part" que je pourrai vous remettre sur demande. Contactez-moi..

  • Année scolaire 1965-66 : 
    (collection A & B Casero)

  • Vers 1950 :
    (Photo très abîmée - Collection  de J. Nicolas)

 

  • Vers 1920 :
    (Collection de C. Koch)


Le facteur rural à bicyclette

Image extraite de l'album de cartes postales, dans le dossier "Centre du village".


Le facteur en tournée est très fier de son vélocipède !

Dès 1887, on importe des bicyclettes anglaises de la marque "Securitas". Cette nouveauté se vend 375 Francs, somme élevée pour le facteur rural, représentant la moitié du salaire annuel d'un débutant. Craignant que ces machines soient des sources d'accidents, l'administration de Postes montre des hésitations. Cependant, en 1893, devant le développement de ce moyen de locomotion, l'administration se ravise et encourage son utilisation. C'est alors que deux ans plus tard, Securitas propose aux Postes un modèle dédié, la "Passe-Partout".

En 1900, Léon Mougeot, Secrétaire d'État aux Postes et Télégraphes, entreprend de moderniser la distribution du courrier. Il écrit : « Étant donné ses avantages, le moment semble venu de rechercher les moyens propres à généraliser l'emploi du vélocipède. Il n'est pas douteux qu'un plus grand nombre de facteurs en feraient usage si leurs ressources leur permettaient de faire l'achat d'une machine. L'administration est disposée à demander au Parlement des crédits permettant d'allouer à tout facteur une indemnité destinée à amortir les frais d'achat et à couvrir des dépenses d'entretien et de réparation. Cette indemnité serait également accordée aux facteurs, qui, n'ayant pas l'aptitude voulue pour monter à bicyclette, feraient emploi du tricycle ». En 1902, l'indemnité est de 15 francs par mois.


Dans ce film célèbre, sorti en noir et blanc en 1949, Jacques Tati met en scène le facteur rural à vélo.


Les constructeurs partent à la conquête de ce nouveau marché. Les Autos et Cycles Hurtu proposent un modèle rustique qui n'a pas de garde-boue, pas d'éclairage, pas de freins, pas de grelot avertisseur pourtant réglementaire. Ce type de vélo s'explique par le fait que les facteurs doivent rembourser l'emprunt destiné à l'achat dans les limites de leur indemnité mensuelle.

L'administration postale voit dans la bicyclette un moyen d'abaisser le coût de la distribution rurale. Une tournée de 40 km est plus rapide qu'une tournée à pied de 21 à 32 km par jour. Elle dicte même un règlement strict sur l'utilisation de la bicyclette.

Dès 1928, l'apparition de nouveaux moyens de transport pour le courrier comme la motocyclette, le side-car et l'automobile, rend la bicyclette moins nécessaire. Dans les années 1970, elle reviendra en force dans les villes, compte tenu du volume du courrier à distribuer. En 1996, en France, 26185 tournées sur 72335 ce faisaient en bicyclette.


Baptême de 3 cloches

Le 15 août 1749, jour de l'Assomption, l'évêque de Bâle consacre l'église reconstruite en 1734 et 1735. Le même jour a lieu le baptême de trois cloches.

La première, Hélène, la plus grosse pèse 2000 livres. Elle a pour parrain François Noblat, prévôt de Belfort et pour marraine Hélène Münsch, épouse de Gervais, médecin du roi à Strasbourg.
La seconde, Catherine, d'un poids de 1400 livres, a pour parrain le baron de Reinach, seigneur de Roppe et pour marraine l'épouse de François Noblat.
La troisième, Anne, pèse 900 livres, a pour parrain Jean-Pierre Boichot maire et chirurgien de Phaffans et pour marraine Anne-Êve Payer épouse de Jean-Pierre Corbat de Bessoncourt.

Cependant, en 1929 La Revue d'Alsace donne des renseignements différents pour deux cloches.

L'une d'elles a pour parrain Nicolas Delfils, abbé de Lucelle et pour marraine Marie-Catherine Münsch, épouse de Jean-Pierre Noblat, prévôt des villes et bailliage de Masevaux et bailli de Roppe.
L'autre a pour parrain François Noblat, co-seigneur d'Essert et Bavilliers, bailli du comté de Belfort, prévôt de la ville, sub-délégué en Haute-Alsace, et pour marraine Françoise-Madeleine Zint de Kentzingen, épouse de François-Léopold de Roppe, seigneur du lieu et de Rosemont. Cette cloche a été faite en 1729 avec ses deux compagnes.

Deux cloches sont envoyées à la fonderie le 12 octobre 1793.

Roland Fiètier et Marcel Colney,  "Les paroisses du Territoire de Belfort des origines au début du XIXe siècle", Annales littéraires de l'Université de Besançon. 1993


Conditions de vie d'un chapelain avant la Révolution

« L'exemple du chapelain de Saint-Nicolas de Phaffans, Jean-Louis Frelin, peut illustrer ce qu'étaient les conditions de vie de ce clergé. C'est le 28 juillet 1784 qu'il fut nommé à ce bénéfice par l'archevêque de Besançon, sur proposition du curé. Ses obligations étaient de résider, d'être « in subsidium parochi » et d'aider le curé dans ses fonctions (confesser et administrer les sacrements lorsqu'il en était requis), de célébrer la messe tous les dimanches et fêtes, de catéchiser tous les mois et de prêcher plusieurs fois par an, enfin de célébrer 37 messes fondées à la chapelle. Il bénéficiait d'une maison comportant une cave, un rez-de-chaussée d'une cuisine et 3 petites pièces, un étage ayant une chambre avec cabinet attenant et 2 petites pièces et un grenier. A cet édifice de pierre couvert de tuile était adjointe une grange et deux écuries. Le tout était estimé 2 200 livres en 1790. Il jouissait en outre de pièces de terres disséminées représentant au total une dizaine d'hectares. Il était par ailleurs propriétaire de quelques arpents dans son village natal et en avait acheté pour un hectare et demi sur le territoire de sa paroisse d'exercice. Sans connaître la richesse, il vivait et pouvait même se permettre de jouer les prêteurs d'argent auprès des fidèles. Tous ses confrères n'étaient cependant pas logés à la même enseigne. La nationalisation des biens du clergé représenta pour eux une grave menace, en les privant d'un bénéfice qui, sans charge d'âmes, était voué à la disparition. Cette mesure peut expliquer, au moins partiellement, le fait que de nombreux chapelains soient entrés dans le clergé constitutionnel en se présentant à des cures, sans doute d'abord pour raison alimentaire. »

Varry (Dominique) et Muller (Claude), "Hommes de Dieu et Révolution en Alsace", dans la collection "Hommes de Dieu et Révolution" dirigée par Bernard Plongeron du CNRS, Turnhout, Brépols - 1993.  pages 43-44.


Folle nuit au fort de Bessoncourt

« De grandes scènes pathologiques ont tout spécialement orné la Belle Époque, car son goût  pour les banquets facilitait les empoisonnements multipliés. Cependant que les casernes, victimes  de fournisseurs indélicats, servaient périodiquement de théâtre à des scandales dont la viande corrompue, même si elle était d'abord soupçonnée, n'était pas toujours responsable. Ainsi au fort de Bessoncourt (Belfort), en 1893, une intoxication massive par de l'huile d'arme qui avait servi à assaisonner de la salade, provoqua-t-elle chez un médecin une description dont l'humour prouve au-delà de l'effet scatologique, à quel point la chose était banalisée : "Au milieu de la nuit.. la cour du fort était sillonnée d'hommes plus ou moins vêtus se dirigeant vers les cabinets à des allures diverses, suivant qu'une diarrhée pressante hâtait leurs pas, ou que le hoquet précurseur ralentissait leur marche. Beaucoup n'achevaient pas l'étape, quelques-uns échouaient au port ; et sur la route du retour, nous rencontrions ces malheureux se traînant avec peine, le visage défait, au front perlé de fine sueur, répondant difficilement à nos questions, présentant enfin, dans l'ensemble de leur physionomie, la fatigue de l'homme qui a subi des orages intimes et la crainte de celui qui en attend encore. »

Guilbert (Françoise), "Le pouvoir sanitaire, essai sur la normalisation hygiénique", thèse de l'Université Robert Schuman - Strasbourg. 1992.


Le "tram" et le "stratégique"

Il ne faut pas confondre le chemin de fer stratégique qui desservait la ceinture fortifiée de Belfort et le tramway des chemins de fer vicinaux. Les deux voies traversaient la Baroche à Denney, la première desservait le fort de Bessoncourt tandis que l'autre assurait, à partir de 1913 le trafic de voyageurs et de marchandises sur la ligne Belfort-Les Errues-Etueffont- Rougemont le Château - Lachapelle/s/Rougemont.

La voie militaire d'écartement 60cm  était constituée de rails préfabriqués à traverses métalliques qui pouvaient être montés et démontés rapidement grâce à un système d'éclisses. La locomotive Péchot-Bourdon modèle 1888  est une locomotive typique : elle est double, possède une cabine centrale, une seule chaudière, deux cheminées et deux foyers ce qui la rend parfaitement réversible.

N'oublions pas que le tramway joua un rôle stratégique important pendant la Grande Guerre, pour le transport du matériel, des troupes, des blessés et des prisonniers. Extension de ligne fut construite pendant les hostilités jusqu'à Sentheim (Haut-Rhin) pour desservir le front d'Alsace.

LocoStatégique


L'administration des communes de la Baroche

Le 17 mars 1926, à la demande de Phaffans, Gaston Doumergue, président de la République contresignait un décret de Jean Durand alors ministre de l'Intérieur, unique dans les annales départementales. Ce document créait une commission syndicale pour l'administration des biens communs aux six localités de la Baroche. Cette commission comprenait 25 membres désignés en fonction du nombre d'habitants par commune "associées". Phaffans était de droit gérante de ces biens.

En 1970, cette commission originale était suspendue et remplacée par une Association  Intercommunale de la Baroche de type 1901, présidée alors par Célestin Juif, maire de Phaffans.

Aujourd'hui elle est administrée par le Syndicat Intercommunale de la Baroche, présidée par le maire de Phaffans.


Chutes de neige du 4 mars 2006

Année exceptionnelle pour les chutes de neige dans notre région, au moins 50 cm, hauteur difficile à mesurer, car la neige poussée par le vent a formé de nombreuses congères.


Photos :  Alain Casero

Quelques jours plus tard, la fonte rapide de la neige par un brusque redoux accompagné de pluie soutenue a rempli le Trou du Loup, importante doline  qui alimente probablement la source de l'ancien lavoir, le Tierbrunn, deux cents mètres en contre-bas après avoir cheminé sous Les Ouches.
Les cygnes, nombreux cette année dans notre région, ont apprécié cette mare temporaire providentielle.

 

 Le Trou du Loup est un lac. au loin le clocher... Le soleil se couche.

 

 Le Trou du Loup, les cygnes, en arrière plan le Fayé, premier signal des Vosges, sous le givre.
Cliquez sur les images pour les agrandir.


L'habitat

Le village de Bessoncourt, que l'histoire relie à celui de Phaffans, est bâti sur une hauteur qui domine la vallée de l'Autruche. Pour sa partie ancienne, les maisons sont groupées autour de l'église et de sa mairie. Ce qui attire l'oeil de l'observateur, c'est l'orientation est - ouest quasi générale des faîtes de toits, parallèles à celui de l'église. C'est la disposition de l'habitat traditionnel dans toute la Baroche, imposé par le climat.

« Si le territoire de la commune est traversé par l'ancienne voie romaine qui reliait Mandeure à Cernay, on ne trouve pas trace de l'existence de Bessoncourt avant le IXe siècle. En effet, un acte de Louis Le Débonnaire du 21 juin 823, nomme Beyssingen comme faisant partie de la dotation attribuée à Maso, fondateur de l'abbaye de Masevaux. On ignore la date de création du village qui était alors situé au lieu-dit Les Près May. Il faut attendre 1344 pour que soit mentionné un lieu habité nommé Buchingen qui semble être une propriété ecclésiastique, mais dépendant alors du chapitre de Belfort.
La tradition locale place la destruction du village en 1618 à la suite d'une épidémie de peste. Les victimes ensevelies au cimetière de Phaffans auraient emprunté pour leur dernier voyage la « via des morts » qui figure d'ailleurs toujours au cadastre*. Bien que dépendant de la paroisse de Phaffans, le village possédait en 1655 une chapelle dédiée à Saint-Vincent. En 1773 existe déjà un cimetière, mais ce n'est qu'en 1844 que les habitants, dont le nombre a dépassé 540, disposent de l'église paroissiale actuelle, consacrée à Sainte-Suzanne.
»  (texte extrait de Wikipedia).

* Malheureusement interrompu par l'autoroute A36


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