Vue depuis le fort de Bessoncourt au coucher du soleil - 2004


La légende...

On raconte qu'à l'époque mérovingienne, un seigneur de Rougemont-le-Château s'égara, au cours d'une partie de chasse, dans l'immense forêt qui couvrait la région. Il ne dut son salut, après avoir erré deux jours et une nuit, qu'à la découverte d'une source dans laquelle venaient s'abreuver des animaux sauvages. Cette source se trouvait à l'emplacement du village de Phaffans où elle existe toujours ; elle s'appelle « Tierbrunn », la fontaine des animaux. En remerciement envers la Providence, le seigneur fit alors ériger près de la source une chapelle, laquelle avec le temps fut transformée en une église importante.

...et l'histoire des seigneurs de Rougemont

Le château
La forteresse a été édifiée dans le dernier quart du XIIe siècle par les comtes de Ferrette, suzerains de la seigneurie de Rougemont. A l'origine, la construction ne comportait pas de barbacane. La tour (A) était quadrangulaire, elle servait uniquement de refuge. Elle protégeait le logis seigneurial qui était à cette époque adossé à la courtine sud, au niveau des fentes d'éclairage.

Vers 1300, suite à un incendie, le château est remanié. La tour carrée est démantelée et la tour ronde actuelle est construite sur son embase. Le logis (B) est édifié côté nord. Il comprend, en bas, les communs et un étage avec accès de plain-pied côté tour. Il est flanqué d'un second bâtiment (C) qui comportait une cheminée rudimentaire et des fentes d'éclairage. La forge-écurie (D) est alors transformée en logis comme l'atteste l'embase d'un poêle à gobelets.

La défense est renforcée par la construction de la barbacane. A partir de 1347, la seigneurie devient possession des Habsbourg. En 1375, le château est ruiné par les troupes d'Enguerran de Coucy qui dévastèrent la Haute-Alsace. De

 
Le château après les fouilles - Photo JCM 2008

 
Plan de la forteresse (F : citerne à filtration)

1977 à 1990, une fouille archéologique exhaustive, menée par le Foyer Rural de Rougemont, a permis le dégagement et la consolidation des structures mises au jour.

La tour (A)

Outre l'aspect symbolique qui s'attache à ce type de construction, elle sert d'observatoire et d'ultime refuge en cas d'attaque, l'espace intérieur trop restreint, 2,50m de diamètre, ne pouvait être utilisé pour l'habitation. La partie sommitale était équipée de créneaux. Cette tour remplit la fonction de prison au moins une fois, de l'été 1330 au 14 mars 1331.

La partie qui subsiste ne comporte pas d'ouverture car la porte se trouvait à plus de cinq mètres de hauteur. Une simple échelle permettait de l'atteindre, puis un escalier en colimaçon construit dans l'épaisseur du mur permettait l'accès au sommet. C'est probablement de la base de cet escalier que l'on a fait exploser la partie supérieure de la tour en 1673 sur ordre de Louis XIV.

Texte du Foyer Rural de Rougemont-le-Château


L'ORIGINE DU NOM

Le passage des invasions des peuplades du Nord et de l'Est de l'Europe, les Celtes, au cours du premier millénaire avant Jésus-Christ, puis les Francs au cours du premier millénaire après Jésus-Christ est démontré dans notre région par de nombreux vestiges trouvés en certains endroits du Territoire de Belfort, dont, par exemple, un casque celte découvert dans une ancienne sablière de Lacollonge, et qui date de 500 ans environ avant Jésus-Christ.

 
Photo JC. Mayet - Juin 2008

Cette plaque de rue se trouve dans le village médiéval de Chiusa dans la province du Trentin-Haut-Adige, au pied des Dolomites. Cette région est aussi appelée Tyrol-du-Sud (Südtirol). Cette partie de l'Italie parle trois langues : l"allemand, l'italien et le ladin-(reliquat de la langue romane).
On peut lire ici les mots Pfarr et Parrochia.

En 792 le village est signalé sous le nom de pagus PEFFERAUGA, lieu où il y a des huttes et des chaumières. Ce nom viendrait de PFARER voulant dire curé ou paroisse en allemand et du suffixe AUGA qui pourrait signifier "lieu humide". Au XI° et XII° siècle il se nomme FAFEN à l'époque des comtes de Montbéliard et PFEFFINGEN sous les Ferrette. Cette paroisse, PAROCHIA en patois, jouant un rôle spirituel important sur les villages des alentours, est à l'origine du terme BAROCHE, encore utilisé aujourd'hui.

Le nom du village se trouve parfois écrit, de façon phonétique, FAFAN et même FAEFEN. Il a pu donner le patronyme des la famille FAFFA qui apparaît au XVII° siècle à Dannemarie et  Retzwiller dans le dénombrement des possessions mazarines. De Manspach sera issu le conseiller général Jean FAFFA au XIX° siècle (cf.: Nouveau Dictionnaire de Biographie Alsacienne) et c'est à Dannemarie que naîtra, en 1744, Joseph Wendelin FAFFA, futur vicaire de Largitzen, Friesen, Tagolsheim, et curé de Bisel. En 1772, Jean-Christophe FAFFA est huissier-sergent à Dannemarie, alors qu'en 1790, un certain FAFFA est "bourg-maître de Dannemarie".

Ces extraits de cartes anciennes donnent d'autres orthographes de Phaffans. Sur celle des paroisses de 1540 on lit PAFFON, tandis que sur celle de l'Evesché de Basle de 1660 on trouve PAFON (ou PAFEN). On remarque que ces cartes étaient plus que fantaisistes par leur orientation, la position des villages et leurs noms !

Carte des paroisses de 1540
Extrait de la carte des paroisses de 1540


Extrait de la carte de l'Evesché de Basle
"Sequani latobrigi"  de Nicolas Sanson - 1660


Extrait de la carte "Les frontières de Lorraine et de la Comté"
 De Henri Sengre 1692


ÉVÈNEMENTS MARQUANTS

Après avoir été patronnée par l'abbaye bénédictine de Murbach (Haut-Rhin), la paroisse fut annexée, au XIVe siècle à l'abbaye cistercienne de Lucelle. Après la révolution de 1789, elle fut rattachée au diocèse de Besançon. Il convient cependant de souligner plusieurs événements importants, et malheureux. En 1444, la paroisse de Phaffans fut ravagée lors du passage des Armagnacs. En 1632, lors de la guerre de Trente ans, de gros dégâts furent causés par les Suédois. En 1815 lors des guerres napoléoniennes, la Baroche fut particulièrement sinistrée, les Autrichiens ayant incendié 60 maisons sur 64 et l'église saccagée à Phaffans ; 94 maisons sur 114 à Bessoncourt, 39 sur 53 à Denney, 8 sur 37 à Lacollonge, et deux habitations à Menoncourt. En 1870, lors du siège de Belfort le clocher de l'église, qui servait d'observatoire aux Prussiens, fut sérieusement endommagé par les tirs d'obus des troupes française assiégées.

Plaque_1816


LE BLASON

 Blason de Phaffans

L'écu est de forme française. En son champ (traduction : sur le fond) sinople (vert) symbolisant les pâturages, un pasteur, pâtre ou berger, muni d'une houlette, veille sur ses brebis. L'une d'elles s'abreuve dans une source rappelant la « Tierbrunen » (en allemand : fontaine des animaux), fontaine légendaire dans l'histoire de la naissance de Phaffans.

L'écu est bordé d'azur, bordure qui simultanément souligne et divise en deux pièces le chef (le 1/3 supérieur de l’écu) teinté or, couleur rappelant les blés dont les grains étaient moulus dans les moulins à eau qui, autrefois, jalonnaient les rivières du village et ses environs et qui sont représentés dans chacune des pièces de l’écu.

La pointe de la bordure azur du blason porte l'inscription attribuée à l'origine du nom du village :

«Pastor fidelis animarum fidelium»

Les premières lettres assemblées de cet acrostiche, PFAF, forment le début du nom du village "Pfaffans" selon une de ses  anciennes orthographes. Mais attention, dans l'allemand moderne, le mot PFAFF, signifiant anciennement  "curé", "religieux", est devenu injurieux et méprisant et a été remplacé par le mot PFARRER.

 

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