« Le site gallo-romain de Phaffans était totalement inconnu avant les travaux de construction de l'autoroute A36 en 1974. Il semble que ces travaux n'aient fait que l'effleurer puisque aucun mur n'a été découvert. Seuls sont apparus, dans une coupe pratiquée le long du chantier, deux amas de pierres brutes, écartés d'une vingtaine de mètres et approximativement parallèles, qui peuvent avoir été des drains justifiés par la présence de sources abondantes. Entre les deux et au même niveau à 0,90m de profondeur, s'étendait une couche de tuiles tegulae et imbrice , sous laquelle se trouvaient successivement un niveau de cendre, une couche de sable et de cailloux contenant de la céramique, puis un blocage de pierres calcaires reposant sur la glaise du sous-sol. En avant de cette coupe, sur le tracé et dans l'axe de l'autoroute a été découvert et détruit un alignement de pieux de chêne pouvant correspondre à une palissade.
La céramique recueillie provient surtout des déblais, en particulier des fragments d'un mortier à déversoir de type Drag 43, qui indique une occupation du site dans la seconde moitié du deuxième siècle. Des tessons de céramique commune noire à décor ondé, très proches des fragments recueillis à Bourogne et Grandvillars, pourraient peut-être indiquer une occupation plus tardive. Il est aussi possible, sinon probable, que les lieux ont été fréquentés bien avant le second siècle comme en témoigne la découverte d'une hache en aphanite à proximité immédiate du site. »
Bibliographie :
J.P. MOREL : "Informations archéologiques", Gallia, XXXIX - 1976 - p. 437
M. RILLIOT : "Les recherches archéologiques.." p. 93.
Extrait de : "Cartes archéologiques du Territoire de Belfort" par Michel Colney, publication n° 4 - 1983 du groupe de recherches archéologiques du Territoire de Belfort
Céramique sigillée recueillie
dans les déblais de l'autoroute.

L'aphanite une roche magmatique dont la structure est à grain très fin. Les cristaux qui la composent sont si petits qu'ils ne peuvent être observés à l'œil nu. L'aphanite était utilisée par les artisans du néolithique pour fabriquer des haches et autres outils. C'est une roche d'aspect sombre dont la patine superficielle est blanche à brune. Son nom ancien était : schiste siliceux, pétrosilex, phtanite, amphibole schisteuse, aphanite . Son nom moderne est : pélite-quartz.
Une immense carrière d'aphanite a été découverte en 1989 à Plancher-les-Mines (Haute-Saône) dans la vallée d'un petit ruisseau affluent du Rahin, à moins de 30 kilomètres de Phaffans. Ce site comprend deux fronts d'extraction et des talus de déblais encore visibles et bien conservés. Les hommes du néolithique exploitaient cette roche dure pour la fabrication de haches en pierre polie entre 4600 et 3700 avant Jésus-Christ. La carrière occupait une surface de 6 ha pour 155m de dénivellation, représentant un volume du déblai et de déchets de taille estimé à 80 000 m3 !
Un peu de géologie
Par Roland Schaub
« On s'est longtemps demandé pourquoi les hommes du néolithique allaient chercher ces pierres dures si loin et si haut dans la montagne… aujourd'hui on comprend tout en consultant la carte géologique. On y voit, à l'est de Plancher-les-Mines, des terrains volcano-sédimentaires du Viséen supérieur (Carbonifère). Vieux de plus de 300 millions d'années, il s'agit de roches volcaniques et sédimentaires déposées dans un bassin marin et plissées par la suite. Les roches de Plancher sont donc des sédiments « indurés » après leur dépôt, ce sont des pélites de couleur sombre, à grain très fin (d'où aphanite) ; les différents éléments (quartz, feldspath et même mica) ont été soudés dans un ciment siliceux dans un contexte volcanique qui libérait de la silice dans l'eau de mer. En consultant la carte, on aperçoit au fond du vallon de Marbranche, une bande allongée d'un bleu sombre désignée Lamprophyres, sans entrer dans le détail, disons qu'il s'agit d'une roche très dure, sorte de magma à température élevée (+700°C) baptisée d'abord « schiste siliceux », puis pétrosilex et enfin aphanite. »
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