Recueil 

 

Depuis des années, je note ces citations ou ces textes, au fil de mes lectures, des émissions de télévision, de mes navigations sur Internet, enfin tout ce qui tombe à ma portée et qui m'accroche..

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A chaque chanson, des souvenirs..!
Qui n’a pas une chanson qu’il préfère à toutes les autres en raison de souvenirs particuliers qui y sont attachés? Au cours de circonstances spéciales, on a entendu tel ou tel air, telles ou telles paroles et à chaque fois que l'on écoute la même chanson l'imagination nous fait faire marche arrière...



Une poésie de Charles Grandmougin

Charles Grandmougin (1850-1930) est un grand poète franc-comtois  né à Vesoul. Il fit d'excellentes études au lycée de sa ville natale. Il commença son droit, mais la poésie l'avait choisi. Il écrivit également des pièces pour le théâtre et pour la musique (La Vierge de Massenet joué à l’Opéra en 1880, Hulda opéra en 5 actes musique de César Frank, etc.)


Lointains souvenirs

 

Le vieux chemin du nord, derrière la colline,
Serpente au bord du bois, abrité du soleil :
C'est un endroit désert d'où le regard domine
Un horizon bleuâtre et vaste, aux mers pareil.

Là-bas... là-bas...ce sont les Vosges solennelles;
Plus loin encor, les monts d'Alsace, vaporeux :
Pour aller vers la plaine, on prend des sentiers creux
Où la mûre noircit à côté des prunelles.

Ah ! Que de fois, tout seul, sur le chemin du nord,
Dans des terrains marneux, mordus par les ornières,
Je rêvais, à cette heure où le soleil s'endort
Baignant le ciel brouillé de ses pourpres dernières !...

L'obscurité paisible emplissait les forêts.
Les oiseaux se taisaient déjà dans l'ombre grise,
Et frileux, je tremblais par moment sous la brise,
Haleine de l'automne aux soirs brumeux et frais.

Sur les routes, parmi d'anciennes fondrières,
Des chariots grinçaient, cahotants et lointains,
Et de lents Angélus, aux tintements éteints,
Vibraient, mystérieux ainsi que des prières;

Les pieds trempés de boue et les yeux attentifs,
Je m'arrêtais, dompté par le calme des choses,
Trouvant un charme exquis dans ces brouillards moroses
Et des rêves de paix dans ces clochers plaintifs ;

Et quand sur ce pays divinement sauvage,
La nuit s'épaississait, absorbant les contours,
Je reprenais pensif le sentier du village,
Entre les bois obscurs et de vagues labours.

Après la libre course en pleins champs, en plein rêve,
Qu'il est doux de rentrer en automne, le soir !...
Les vitres des maisons luisent, Vénus se lève,
Et les bœufs, en meuglant, marchent vers l'abreuvoir.

Des claquements de fouets, des grincements de roue
Se mêlent sur la route à des jurons patois,
Et là-haut, la fumée où la brise se joue
Tord ses moutonnements au-dessus des vieux toits;

Pour la soupe du soir on allume les poêles :
Leurs gueules, scintillants points d'or, charment les yeux ;
A travers les carreaux leurs rougeoiements joyeux
Naissent comme un essaim de terrestres étoiles !

L'air est plein de l’odeur des vaches et des bœufs,
La nuit prête un mystère et des formes lointaines
Aux groupes ébauchés dans les chemins bourbeux...
Et l’on entend chanter d'invisibles fontaines!...

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